Vendredi 9 septembre 5 09 /09 /Sep 21:10

Les frontières sont très anciennes...

Aux dires des spécialistes et des dernières nouvelles, elles dateraient d'il y a longtemps-longtemps, d'autrefois, du temps de jadis, très précisément !

Elle ont été inventées par les tous premiers mâles, qui, en matière de frontière, pissaient un rond d'une dizaine de mètres de circonférence pour signifier les limites du bout de terre où se trouvait la belle et où ça suintait la phéromone b74bis.

 

En ces temps-là, la ligne pointillée produite autour de la Germaine (la première femme s’appelait « Germaine », mais ceci est une autre histoire) était plutôt orange...

 

Évidement, ce procédé ne manqua pas de paraître un peu rustre. Fallait quand même une bonne dose de manque de confiance en soi pour se rassurer à si bas prix ! Et ça puait grave, rapport à leur alimentation de l'époque pas toujours très fraîche et à l'eau souvent croupie.

 

Le temps de jadis passant, cette pratique tomba en désuétude, et seuls certains milieux huppés, où la nourriture produit une urine de qualité, pouvaient se permettre de succomber à la tentation,.

Bien sur, on n'allait pas jusqu'à le proclamer haut et fort, et l'on savait au fond de soi, quand même, ben oui, c'était pas terrible...

 

Plus tard, presque plus jadis mais encore autrefois, d'autres hommes plus évolués ont agrandis le  domaine réservé ; la phéromone b74 bis n'était plus la seule sur le marché du « je veux et j'exige ! ». On ne désirait plus seulement la Germaine, mais aussi le puits, le champs du joli arbre fruitier (des mirabelles), la belle baraque des parents de la bien-aimée, la vue imprenable sur le lac du coin et la présence massive de « sur 4 pattes », constituant, une fois bien préparés, des mets succulents.

 

Plus question de pisser autour d'une si vaste étendue ! Ou alors à 4000 …Mais 4000 proprios pisssant au même endroit..., c'etait risqué !

On se regroupa quand même à plusieurs, mais pas trop, on saigna la vache Germaine (la première vache s’appelait aussi Germaine, et c'est aussi toute une autre histoire), et on récoltât son sang.

On badigeonna ensuite des grandes pierres cernant le périmètre, de ce rouge inimitable, le German blood red type, pierres cernant de gré ou de force les intérêts territoriaux liés aux nombreuses et diverses phéromones...

(relisez ; même moi, j'ai du mal!)

 

Tout ça pour dire que l'école, c’est dégueulasse. 

Mon fils de 7 ans a commencé à prendre conscience de la géographie, ce qui en deuxième primaire, est inévitable.

Et les zenfants de regarder la carte, de découvrir des pays, des formes étranges, dont le trait est une ligne rouge.

Alors, l'enfant voulu voir la ligne rouge...

Du temps de jadis, pisse ou sang de Germaine, on pouvait ! Aujourd’hui plus...

Plus de ligne rouge peinte au sol.

Oui... Pas de ligne rouge, un monde s'écroule...

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Photo : de gauche à droite, Germaine (la femme), Germaine (la vache, sapée) et le serial-pisseur (à la retraite).  (Photo, courtesy of Grivegnée-bas LSD, in "2011, une Histoire d'urinoirs", chapitre "le terrible complot" )

Par frederic kroutchev - Publié dans : frederic-kroutchev-space-center - Communauté : HUMOUR
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Vendredi 18 mars 5 18 /03 /Mars 20:27

Le colonel Kadhafi m'a téléphoné cette nuit vers 2 heure du matin pour me demander conseil. J'étais en train de rêver de Mauricette et j'étais sur le point de conclure... Je l'avais donc mauvaise, d'être ainsi réveillé, mais bon, Mouammar, c'est Mouammar... !

En gros, il voulait savoir ce qu'on pensait de lui par ici, en Wallonie, région qui lui a toujours tenu à cœur en raison de ses origines carolos ; son arrière grand mère, une pure Aerts chevaline et rancunière comme pas deux, était née à Wanfercée-Baulet le jour même ou Sigmund Freud inventait (ça se sait très peu) le coton tige pour les oreilles.

J'ai tout de suite senti à la voix de Mouammar qu'il était très, mais alors très très, énervé ! Son wallon en pâtissait et il n'arrivait même plus à prononcer correctement cette expression si typique du pays du charbon sans charbon : « Minga wach ti mes couilles ! ». (L'équivalent du « mince alors ! » bourgeois, du « putaing » marseillais ou du « oufti » liégeois)

J'allais donc devoir y aller mollo, alors que je réfrénais déjà à grand peine ma colère de n'avoir pu me faire Mauricette, même en rêve, adossée nonchalamment qu'elle était contre le Marsupilami du rond point de la cité grise... Faut dire qu'il y avait derrière ce rêve des années de fantasmes débridés pour la plus belle fille de la rue Tigrée, la plus longue rue de mon village natal.

C'est donc dans un wallon approximatif qu'il m'expliqua, en vrac : les drogués qui le regardaient de travers ; il déteste ça depuis son opération de la cataracte.

Les islamistes : dans un passé récent, un des leurs avait osé critiqué ses gouts musicaux pour Elvis et Annie Cordy, et ça l'avait passablement énervé. Et comme il est rancunier, il avait voué dès lors à tous les ennemis du King et de Tata Yoyo une haine pas possible. C'est vraiment du Mouammar tout craché !

Le lait de chamelle qui n'est plus ce qu'il était.

Les terroristes qui terrorisent ; son petit dernier, Jonathan, en fait des cauchemars toutes les nuits, et en bon père, il se tracasse pour la santé mentale de son petit garçon de 6 ans, déjà traumatisé par le divorce sanglant de ses parrain-marraine (Johnny H. Et Sylvie V.).

Bref, toute une litanie de petits soucis, mais qui, mis bout à bout, saccageaient le moral de ce bon bougre de Mouammar.

Alors, tout doucement, gentiment, j'ai tenté de lui expliquer. Effectivement, lui ai-je dis, bombarder son pays ne lui valait pas que des sympathies, même au café des 1000 Colonnes, là où on buvait des coups quand il était de passage à Charleroi et où tout le monde l'appelait Momo. Et bien, rien que ça, ça l'a foutu dans une de ces rognes...! La simple idée d'un Robert, son partenaire à la belote, fâché contre lui, ça le rendait tout morose-méchant. Un instant, j'ai eu un peu peur qu'il n'envoie ses bombardiers sur les 1000 Colonnes, mais je lui fis promettre que non, et que Robert, j'allais le raisonner.

Heureusement, je n'avais pas évoqué les tortures et les exécutions sommaires ; je crois qu'il aurait fait un infar.

Ensuite, et à son ton, on lui aurait donné l'Allah sans confession, il niât : « Moi, bombarder mon pays, mon peuple ?! Mais t'es fou, c'est pas vrai, c'est rien que des mensonges pas vrais ! ». Je lui rétorquais, prudent, que des journalistes avaient quand même filmés ses avions, et que ces derniers ne larguaient pas que des spéculos pour les gamins. Rien qu'à cette remarque badine, il se mit à meugler et, symptôme chez lui d'un grand trouble, à zozoter.

Je le calmais, lui expliquant qu'une petite pause de son aviation et des congés payés pour ses pilotes de chasse seraient, pour ses potes des 1000 Colonnes en général et pour Robert en particulier, et pour la communauté internationale, vus comme un bon geste.

Il se calma peu à peu, mais n'admit à aucun moment avoir ordonné des bombardements. « Seulement des chameaux piégés au C4 ; ça oui ! mais pour ces salauds d'anti-démocrates qui avaient repeints des mairies couleur jasmin ! T'imagine?! » me cria-t-il dans le combiné, « couleur jasmin !!! »

J'opinais, sans plus, histoire de ne pas le refaire monter sur ses grands dromadaires...

De toute façon, je le savais bien, c'était peine perdue ; quand il est dans cet état-là, Momo, y'a rien à faire...

 

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Photo : de gauche à droite : La femme de Mouammar, Mauricette et Fredo l'élégant, décidant de vendre du yen (source : CIA, Tripoli, mars 2011)

Par frederic kroutchev - Publié dans : frederic-kroutchev-space-center - Communauté : HUMOUR
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Lundi 14 mars 1 14 /03 /Mars 17:57

On en était seulement à la fin du premier round, et déjà, j'avais toutes les peines du monde à me souvenir de mon nom ; mon prénom, Frédéric, ça allait, mais le nom...? Brouxdenois, Petitlard, Lardonne...? Tout ce qui me venait en tête me semblait fantaisiste. J'allais m'asseoir sur mon tabouret. Je savais, mais sans savoir comment, que de l'eau allait me rafraichir et que mon protège-dents, « tiens, j'ai un protège-dents ! », allait m'être enlevé pour quelques secondes de grâce...

Un cloche, au loin, qui sonne... Images bucoliques d'un village noyé de soleil, ah le joli forçat (et le bel hommage), et quelqu'un qui me pousse, le tabouret qui se dérobe ; je me relève, me met en garde. Je le sais, je dois frapper sur l'autre, là, et éviter au maximum qu'il continue à me fracasser...

 

Fin du second round, mon prénom a disparu. Eric, Maurice, Barbara, Freddy, je ne sais plus... Seuls le tabouret et l'eau, ainsi que la couleur des yeux de mon entraineuse, existent. Je m'affale plus que je ne m'assieds, et je respire enfin. J'entends vaguement des cris, surtout des « hou-hou » et un étrange « à mort l'aztèque ! » qui ne m'étonne même pas. Rien ne m'étonne plus.

Re-dong, re bourrade pour me relever, re tabouret qui se dérobe, et là, en face de moi, deux grosses balles déformées et rouges qui tournoient dans l'air selon un mouvement qui obéit à une logique évidente mais incompréhensible. Elles se rapprochent et s'éloignent, je sens des craquements dans mon visage, un truc au milieu... Oui, un « nez », crac !

Je découvre des cordes, elles supportent mon dos pendant que mon ventre subit une série de percussions ordonnées, mais faiblissantes.

Le sol tremble et se met à la verticale. De mon œil, je vois un type, il compte, sais pas pourquoi, un dingue ! Il se tient debout, mais à l'horizontale. Je ne savais pas qu'on pouvait faire ça ! Ça me plairait bien d'être debout à l'horizontale, moi !

Il y a du bruit partout, au dessus et en dessous, à droite et à gauche. L'emmanché qui criait « mort à l'aztèque » s'est tu, les « hou-hou » déferlent, et ma mère me regarde en dodelinant. Et puis d'abord, qu'est-ce qu'elle fait là, ma mère, au bras de Nicolas Sarkozy? Je le reconnais très bien. Il hurle des ordres que j'entends à peine : « Debout, racaille ! », « Légion d'honneur, mon cul ! » et « préparez le charter ! ». Je m'interroge sur le charter, et je me dis que d'aller au Japon, ce serait pas mal, mais sans ma mère, sans Sarkozy et sans mon entraineuse aux yeux bleus et à la chevelure blonde.

Le sol ne bouge plus ; il reste obstinément à la verticale... Tant pis ! Je veux un morceau de chocolat, une cigarette et un vol pour Tokyo. Je veux que ma maman cesse de dodeliner, ça m'énerve, et que Sarko arrête de beugler. De toutes façons, qui l'entend ? Tout le monde s'en fout !

D'autres gars apparaissent ; eux aussi, ils sont debout à l'horizontale, et en plus, ils marchent ! Ils s'approchent et me soulèvent. C'est marrant d'être soulevé sur le coté ; normalement, bouger sur le coté, c'est glisser ! Là, non ; c'est m'élever.... Dingue ! Ce sont des japonais, j'en donnerai ma main, en feu, au feu ! Ils m'emmènent à l'aéroport ! Sympas, les gars !

Alors, je me laisse faire. Je sucotte doucement le chocolat et je tire lentement sur la clope qu'un des japonais m'a glissé entre mes lèvres gonflées.

Je me sens bien, les bruits diminuent, ma mère a disparu, Sarko aussi. Je suis couché à l'horizontale et je n'ai pas peur. Le charter m'attend. Le japon aussi...

 

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Photo : Pif, Paf et Nicolas (de gauche à droite), photographiés par Renée Perle, au salon de la riziculture (1966)

Par frederic kroutchev - Publié dans : frederic-kroutchev-space-center - Communauté : HUMOUR
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Jeudi 17 février 4 17 /02 /Fév 13:59

 

« La ponte est à la poule ce que Meursault est à Camus » ; voilà le thème de la dissertation surprise que notre professeur de physique quantique nous a demandé d'effectuer en un temps record, 17 minutes...

Consternation...!

Déjà, le mois dernier, « Blaireaux sur la défense et théologie moderne » nous avait plongé dans un abime de réflexions ; certains avaient discourus sur la puanteur du blaireau, une légende urbaine très ancienne. D'autres sur la lenteur de la théologie moderne, légende urbaine plus ancienne encore.

Enfin, des ergoteurs avaient ergotés sur le sens du mot « blaireau », préférant l'accessoire nécessaire de tout bon rasage à l'animal superbe, et sur le concept de modernité, sans lequel la supériorité évidente de la culture occidentale y perdrait un peu de son crédit, impensable idée...

Le blaireau en poils naturels de cul de génisse pré-pubère et le couple couteau-fourchette avaient encore un bel avenir comme preuves de supériorité de notre définition du monde et des choses.

Mais pour cette nouvelle dissert', l'étonnement, voire l'effarement, étaient au rendez-vous.

Tous et toutes connaissions, bien sur, Brendan Camus et sa trilogie : « Sisyphe », « Famille nombreuse, famille heureuse » et « Dark Vador contre Godzilla ». Mais de là à établir un lien entre Meursault, cet antihéros récurrent dépourvu de toute pilosité comme de scrupules, et la ponte de la poule, l'épreuve était rude.

La majorité d'entre nous séchait, mordillant compulsivement notre tableau de Mendeleïev, ce qui n'était pas très joli à voir.

Alors, comme la logique semblait absente de ce devoir improvisé, j'ai improvisé ; Meursault est devenu « saut de la mort », et la ponte, sur-saut ancestral que toute poule qui se respecte effectue avec brio, accompagné d'un « côôôt » aigu, l'œuf enfin pondu.

Les 17 minutes se sont écoulées. J'ai rendu ma feuille et mangé mon crayon.

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Photo : Camus et 2 poules, toutes 2 stériles (agence WTF, 2012)

Par frederic kroutchev - Publié dans : frederic-kroutchev-space-center - Communauté : HUMOUR
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Mardi 16 février 2 16 /02 /Fév 15:14

Le ciel est verdâtre. Une pluie fine, à peine plus qu'un brouillard, fantomatise le paysage. Du fond d'une vallée lointaine, un son se fait entendre. Ténu, au début, ce son s'impose et se précise, les voyelles et les consonnes se mettent lentement en place. Et c'est là que j'entends, distinctement, « factuuuuuuuuuuuuuures, factuuuuuuuuuuuuuures.... », tel un loup qui hurle à la lune, un soir de pleine lune, sinon ce n'est pas la peine et le loup a l'air con...

Soudain, de ce ciel étrange, tombent par centaines des missives si caractéristiques, dont on sait au premier coup d'œil qu'elles ne sont pas des déclarations d'amour ou des lettres d'amis partis au loin, racontant leurs épopées. Elles sont toutes ornées de logos si familiers; gaz, électricité, téléphone, internet, sociétés de crédit, écoles des gamins, compagnie des eaux, et les pires, huissiers.

Et cette pluie de lettres inonde tout, recouvre les routes, les toits, les appuies fenêtres, les parterres de bégonias. Toutes sont marquées de mon nom et de mon adresse.

Les ouvriers communaux, au lieu de jeter tout ça dans leur grand sac vert, les empilent et les rangent. Les mamies les balayent de leurs trottoirs, mais renoncent vite à ce qui est un travail de Sisyphe, à refaire sitôt fini... Quelques curieux les ouvrent et font des « rhoooo », la bouche ronde, le regard médusé.

Un passant me désigne du doigt, et tous se mettent à foncer sur moi, scandalisé par tant de bordel paperassier. Ces nom et prénom, imprimés sur chaque lettre, ont enfin un visage, un corps, et il va déguster.

C'est un certain « Maurice » qui court le plus vite, une poignée de cet infâme courrier à la main. « Je vais te les faire bouffer », me crie-t-il, hors d'haleine. Il m'atteint et le choc est rude. Tous deux, nous tombons. Il ne rigolait pas, le Maurice; il veux vraiment me les faire bouffer. Il les chiffonne, les roule en boule, et les presse de plus en plus fort entre mes lèvres, contre mes dents serrées. Ce n'est plus qu'une question de temps...

Je me redresse d'un bond dans mon lit, transpirant des pieds à la tête. Dans ma bouche, presque méconnaissable, un ticket « Win for live » mâché et remâché, que, surpris, je recrache le plus loin possible.

Décidément, les rêves, ça n'a aucun sens...

 

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Photo : un huissier, une gentille dame de l'ONEM et ma banquière, après une séance particulièrement défoulante de sadisme social

Par frederic kroutchev - Publié dans : frederic-kroutchev-space-center - Communauté : C'est du belge
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Présentation

Frédéric Kroutchev SpaceCenter

Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows that the captain lied
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died

Everybody talking to their pockets
Everybody wants a box of chocolates
And a long stem rose
Everybody knows

(Leonard Cohen, "Everybody knows")

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