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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 13:26
 

Chausse-trappe : du latin chaudus (« chaudasse ») et « strappus » (« sur le strapontin ») ; litt., une dame au tempérament torride qui se tortille sur le strapontin. Ex : « chausse-trappe à l'opéra, bingo dans la loggia » (Hétéroclyte, "Le clitoris, ce bel inconnu", p.252, Wanfercée-Baulet, éd. Fontaine et Potiron).

Dans l'antiquité, c'est à dire aux temps de jadis il y a longtemps-longtemps, la chausse-trappe était très en vogue ; elle incarnait la femme libre et belle, se tortillant pour trouver une place confortable ; à ce sujet, on rapporte qu'actuellement, le confort des femmes, chausse-trappe ou pas, n'est pas parfait.

Avant l'antiquité, et là c'est il y a très-très-très longtemps-longtemps, bien avant le temps de jadis, la chausse-trappe avait mauvaise presse ; la résistance des matériaux, cette science neuve, n'avait pas encore permis la construction de strapontins solides et durables. Le tortillage de la dame mettait donc fort à mal ce dernier des derniers.

Et avant l'antiquité de l'antiquité, à l'age surnommé de pierre, la chausse-trappe était unanimement perçue comme une masochiste, assise seule sur son caillou pointu, la mine extatique et la pierre trempée...

Aujourd'hui, la chausse-trappe désigne une femme inaccessible et belle. Belle parce qu'elle est belle. Inaccessible par manque de place.

Il s'agit souvent d'une jolie retardataire qu'on case, qu'on compresse, qu'on insère au chausse-pied, le tout discrètement et avec dédain (le strapontin, c'est quand même qu'une place de dernière classe...)

Le mâle, observant tout sauf le solo violon de la judéo-palestinienne Fatima Goldblum, aperçoit la dame ; il ne sait pas encore qu'il s'agit là d'une chausse-trappe. Pour lui, seul et résolu à ne pas le rester, l'occasion est trop belle. Une femme seule et en retard, ça sent la célibataire qui veut se changer les idées, mais qui a oublié de mettre le réveil après ses 2 xanax. La névrose étant établie, les jeux, pour lui, sont fait.

C'est alors que son scénario, tout élaboré qu'il soit, part en vrille. La place manque et les techniques habituelles ne lui sont ici d'aucun secours ; du plus audacieux « il n'y a plus de place, pourrai-je partager votre siège si vaste ? » au timide « vous pouvez me garder mon portable tandis que je vais faire un tour aux toilettes ? ». Le mâle est alors en zone d'incertitude... Il n'a pas tout saisi, et s'en trouve mortifié.

Et en effet, cet étonné frustré ne comprend pas encore à à quel point son intuition est fondée, et donc que c'est pas ce coup-ci qu'il va couiner toute la nuit.

Cette dame, en effet, ne subit pas le strapontin, elle le choisi. Elle ne cherche pas à s'étendre nonchalamment, mais souhaite l'exiguïté. Que ce soit le fait de sa psychologie de base, ou lié à sa récente vision de « Dirty Dancing » (« mon espace de danse, ton espace de danse »), elle veut l'étroitesse, la cherche, la trouve.

Le mâle éprouve alors une nauséeuse ivresse, sent le sol se dérober sous ses pieds, et découvre qu'à la place de son siège spacieux, un trou noir est apparu.

Il va tomber, il tombe, la chausse-trappe a encore gagné.

Photo : Chausse, Trappe et Bobette, en pleine répétition d'un opéra comique ("La Casse-noisette"). Avec l'aimable autorisation de l'orchestre philarmonique de Bamako.

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Published by frederic kroutchev - dans frederic-kroutchev-space-center
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commentaires

Lefevre 17/06/2009 23:26

Merci, merc,...