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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 11:33

J'ai 6 ans et je viens d'inventer la bombe ultime. Pas construite, inventée... Mes parents, ces incapables notoires, ne veulent pas financer mes recherches, dont ils ne comprennent ni le premier, ni le dernier mot.

J'ai bien tenté de leur soutirer un peu d'argent, avec pour prétexte d'alimenter la caisse de madame Bernadette, notre maitresse criarde, pour la reconstruction d'Haïti, mais ces 3 euros ne me seront d'aucune utilité. Il me faut plus, beaucoup plus...

Quand je parle de bombe, il ne faut pas s'imaginer un engin style missile, blanc chromé avec des éclairs jaunes partout. Et son explosion, à la différence des bombes en général, ne fera aucun mort. C'est même l'effet inverse que je poursuis.

En gros, ça aurait la forme d'un bulle verte d'un mètre de diamètre, qui, une fois branchée sur une pile allumette, deviendrait de plus en plus lumineuse, s'élèverait à 4 kilomètres d'altitude et exploserait comme une fusée de feu d'artifice, répandant partout sur terre et mer, au gré des vents, pendant 2 semaines, des unicellulaires contagieux dont les effets pourraient être résumés en un article et un mot : « la paix ».

Ouais ! J'ai inventé la bombe à paix.

C'est Gladys, une fille de ma classe, qui m'a involontairement donné l'idée. Elle devait faire une élocution et avait décidé de parler des lucioles, ces jolis insectes qui brillent du derrière on ne sait trop comment. Ses explications n'étaient pas très convaincantes et dès mon retour à la maison, je m'étais rué sur internet pour en savoir un peu plus.

Ma première conclusion était que la luciole est l'être vivant le plus gentil du monde ; ni prédateur ni proie, on dirait qu'il n'était sur terre que pour faire joli et illuminer les chaudes soirées d'été.

Mais le constat était quand même là ; nulle explication a ce phénomène lumineux, rien que des hypothèses toutes plus hasardeuses les unes que les autres.

Certains penchaient pour la nécessité pour les lucioles de se reconnaitre et de se faire voir de leurs congénères.

D'autres, plus mystiques, penchaient pour la théorie du GC (Glorieux Créateur), selon laquelle « faire joli la nuit » constituerait une raison en soi tout à fait valable et suffisante.

D'autres, plus imaginatifs et un peu bourrés, considéraient les mouvements lumineux des lucioles comme des messages envoyés par des êtres supérieurs, avec 3 yeux et une seule, mais très grosse, narine.

Toutes ces explications ne me disaient pas grand-chose... 

Alors, sans céder au défaitisme, j'ai décidé d'un plan d'action. Il me fallait tout d'abord des lucioles vivantes, et un peu de matériel de dissection. Sans traîner, je partis de nuit. Mon père ronflait tellement fort que j'aurais pu sortir par la porte de devant en la claquant violemment sans que ça aie le moindre effet. Je me rendis dans le verger le plus proche. La température était douce et mon pyjama pilou en plus des godasses et du pull me procurait une sensation de bien être pas loin d'être voluptueuse.

J'avais mon grand filet à papillon, ça devrait faire l'affaire, et un vieille lampe de poche.

Je me suis assis au pied d'un pommier, j'ai éteins la lampe de poche, et j'ai laissé lentement mes yeux s'acclimater à cette si faible lumière, à cette noirceur. Au bout de quelques minutes, je les ai vu. Plus j'en voyais, et plus j'en voyais encore.

Ça n'a pas été difficile d'en attraper une vingtaine et de les ramener à la maison. C'était marrant, ce filet au bout du manche, lumineux, coloré, changeant de ton et d'intensité en permanence...

N'oubliez pas que j'en était aux balbutiements de l'étude du pourquoi les lucioles brillent-elles. Les opérations rudimentaires que je fis, cette nuit-là, subir à mes belles lucioles ne furent pas, dans un premier temps, très fructueuses. Les pauvrettes explosaient et s'éteignaient, ou faiblissaient jusqu'à l'agonie, suite à mes si légères décharges électriques. J'appris à doser plus subtilement l'expérience, à en inventer d'autres, pas forcément moins cruelles, et mon savoir s'étendit.

Les années passèrent, et le projet grandit. L'accès au matériel plus sophistiqué du labo de l'école secondaire a beaucoup joué ! Accès garantit à de gentilles substances qui, bien dosées et mélangées, acquéraient des propriétés singulières.

Puis ce furent les années de médecine, et son accès sans limite aux densimètres, aux fulguromètres, aux spectrographes aux lasers vert et rouge, aux rayons alpha-tango-lima-oméga, aux podologues (j'avais souvent mal au pieds), aux microscopes à neutrons, et aux produits très rares à effets spectaculaires.

Mes lucioles mourraient moins rapidement, mais souffraient un peu plus. Ça me touchait, mais j'avais la sensation d'approcher de très près une explication, une possibilité de comprendre et de maîtriser. Je le sentais, puissamment, mais jusqu'alors, rien...!


Fin du premier épisode.



Note de l'auteur : cette expression « fin du premier épisode » signifie-t-elle qu'une suite est obligatoire ?!

 

together2light.jpg


 

Photo : 2 lucioles transformées par inadvertance, l'une, en infirmière spécialisée en injections fessières, l'autre, en mécano-nymphomane, et moi, penaud.


Note de l'auteur : cette photo prise a été prise par Robert, mon assistant, photo que cet en.... a balancé sur facebook. Je répliquerai : j'ai des photos de lui se masturbant devant une luciole spécialement grosse et rouge...

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Published by frederic kroutchev - dans frederic-kroutchev-space-center
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