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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 13:34

J'ai cru qu'elle partait parce qu'elle mettait ses chaussettes. Mais non, elle avait froid aux pieds...

Tout ce cinéma ! Dans ma tête ! Parce qu'elle enfile une paire de chaussettes bleues, et même pas des jolies... Elle allait me quitter, j'en ai été sûr pendant une vingtaine de secondes, me laisser là et partir rejoindre quelqu'un avec qui ça marchait tellement bien qu'elle pouvait se permettre de mettre des chaussettes pas jolies...

Ah, putain, je l'avais pas vu venir, le coups du grand départ par le symbolisme de l'enfilement d'une paire de chaussettes. Ce que j'ai eu peur...

En quelques secondes, je lui avais donné un visage, au mec, une profession lucrative, chiante mais lucrative, une marque de voiture et un lieu privilégié pour ses vacances en amoureux, du coté du grand Orient, style « touriste mais pas touriste ».

Ils en étaient, toujours dans ma tête, à avoir un enfant, quand je la vis s'asseoir à son bureau, reprendre son pinceau et dire « mmm, c'est bon, les pieds au chaud ».

Je me suis roulé longuement une cigarette que j'ai nonchalamment allumée, et j'ai dit en m'éloignant : « bon travail mon cœur... »

 

together2light.jpg

 

Photo : « Les Rois de la chaussette », observant avec bienveillance le personnel d'une de leurs nombreuses usines (en dessous, à gauche, mais on ne les voit pas), photo aimablement prêtée par la fondation Reine Fabiola, une grande amatrice et fine connaisseuse de la chaussette.

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Published by frederic kroutchev - dans frederic-kroutchev-space-center
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commentaires

Riff 16/09/2010 16:11



ça me rappelle un texte de Gotlib, "la chaussette de l'épouvante".
que d'émotion en vingt secondes!! intense!!