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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 20:27

Le colonel Kadhafi m'a téléphoné cette nuit vers 2 heure du matin pour me demander conseil. J'étais en train de rêver de Mauricette et j'étais sur le point de conclure... Je l'avais donc mauvaise, d'être ainsi réveillé, mais bon, Mouammar, c'est Mouammar... !

En gros, il voulait savoir ce qu'on pensait de lui par ici, en Wallonie, région qui lui a toujours tenu à cœur en raison de ses origines carolos ; son arrière grand mère, une pure Aerts chevaline et rancunière comme pas deux, était née à Wanfercée-Baulet le jour même ou Sigmund Freud inventait (ça se sait très peu) le coton tige pour les oreilles.

J'ai tout de suite senti à la voix de Mouammar qu'il était très, mais alors très très, énervé ! Son wallon en pâtissait et il n'arrivait même plus à prononcer correctement cette expression si typique du pays du charbon sans charbon : « Minga wach ti mes couilles ! ». (L'équivalent du « mince alors ! » bourgeois, du « putaing » marseillais ou du « oufti » liégeois)

J'allais donc devoir y aller mollo, alors que je réfrénais déjà à grand peine ma colère de n'avoir pu me faire Mauricette, même en rêve, adossée nonchalamment qu'elle était contre le Marsupilami du rond point de la cité grise... Faut dire qu'il y avait derrière ce rêve des années de fantasmes débridés pour la plus belle fille de la rue Tigrée, la plus longue rue de mon village natal.

C'est donc dans un wallon approximatif qu'il m'expliqua, en vrac : les drogués qui le regardaient de travers ; il déteste ça depuis son opération de la cataracte.

Les islamistes : dans un passé récent, un des leurs avait osé critiqué ses gouts musicaux pour Elvis et Annie Cordy, et ça l'avait passablement énervé. Et comme il est rancunier, il avait voué dès lors à tous les ennemis du King et de Tata Yoyo une haine pas possible. C'est vraiment du Mouammar tout craché !

Le lait de chamelle qui n'est plus ce qu'il était.

Les terroristes qui terrorisent ; son petit dernier, Jonathan, en fait des cauchemars toutes les nuits, et en bon père, il se tracasse pour la santé mentale de son petit garçon de 6 ans, déjà traumatisé par le divorce sanglant de ses parrain-marraine (Johnny H. Et Sylvie V.).

Bref, toute une litanie de petits soucis, mais qui, mis bout à bout, saccageaient le moral de ce bon bougre de Mouammar.

Alors, tout doucement, gentiment, j'ai tenté de lui expliquer. Effectivement, lui ai-je dis, bombarder son pays ne lui valait pas que des sympathies, même au café des 1000 Colonnes, là où on buvait des coups quand il était de passage à Charleroi et où tout le monde l'appelait Momo. Et bien, rien que ça, ça l'a foutu dans une de ces rognes...! La simple idée d'un Robert, son partenaire à la belote, fâché contre lui, ça le rendait tout morose-méchant. Un instant, j'ai eu un peu peur qu'il n'envoie ses bombardiers sur les 1000 Colonnes, mais je lui fis promettre que non, et que Robert, j'allais le raisonner.

Heureusement, je n'avais pas évoqué les tortures et les exécutions sommaires ; je crois qu'il aurait fait un infar.

Ensuite, et à son ton, on lui aurait donné l'Allah sans confession, il niât : « Moi, bombarder mon pays, mon peuple ?! Mais t'es fou, c'est pas vrai, c'est rien que des mensonges pas vrais ! ». Je lui rétorquais, prudent, que des journalistes avaient quand même filmés ses avions, et que ces derniers ne larguaient pas que des spéculos pour les gamins. Rien qu'à cette remarque badine, il se mit à meugler et, symptôme chez lui d'un grand trouble, à zozoter.

Je le calmais, lui expliquant qu'une petite pause de son aviation et des congés payés pour ses pilotes de chasse seraient, pour ses potes des 1000 Colonnes en général et pour Robert en particulier, et pour la communauté internationale, vus comme un bon geste.

Il se calma peu à peu, mais n'admit à aucun moment avoir ordonné des bombardements. « Seulement des chameaux piégés au C4 ; ça oui ! mais pour ces salauds d'anti-démocrates qui avaient repeints des mairies couleur jasmin ! T'imagine?! » me cria-t-il dans le combiné, « couleur jasmin !!! »

J'opinais, sans plus, histoire de ne pas le refaire monter sur ses grands dromadaires...

De toute façon, je le savais bien, c'était peine perdue ; quand il est dans cet état-là, Momo, y'a rien à faire...

 

together2light.jpg

Photo : de gauche à droite : La femme de Mouammar, Mauricette et Fredo l'élégant, décidant de vendre du yen (source : CIA, Tripoli, mars 2011)

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Published by frederic kroutchev - dans frederic-kroutchev-space-center
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commentaires

Riff 19/08/2011 02:18



ça n'a pas été trop difficile de se rendormir, après le coup de fil?



Jean-Claude (je sais, on me l'a déjà fait) 21/03/2011 15:59



Vas-y mon cochon, fends toi la pipe. Tu vas faire avaler à tous les gogos de pro-révolutionnaires à la ptite semaine que not'Momo, Carolo's nights King, Gueules noires first blood castrator,
celui dont la tente de bédouin (surnommée désert'inn the terril en raison de son installation au sommet du crassier de la mine dans laquelle sua sang et sable son papa et son mononque morts
d'avoir trop vécu) était devenue the place to be pour la diaspora Californienne in extensote et qui vit les aïeux de plus d'une grande famille de coboilles acquérir leurs premiers galons de
diplomatie moyen orientale; que le The MOMO y t'a entendu acquiescer dans le téléphone? Jvais te dire, tu nous cacherais quéqchôz que ça m'épaterais qu'à moitié...